• Sarah K - Auteure

Amour sur Internet (partie 2)

Mis à jour : févr. 28

Bonjour tout le monde, je vous laisse avec le texte du jour qui est la seconde partie de la nouvelle. Je vous souhaite une bonne lecture. N'hésitez pas à commenter, à dire ce qui vous plait, ce que vous n'aimez pas (que ce soit pour les articles en général ou pour le contenu de ces derniers).

Comment pouvait-elle savoir ce qu’avait dit l’inconnue d’Internet ? Il ne lui en avait pas parlé, il était certain de ce point. Aurait-elle lu leur conversation ? Était-elle au courant de quelque chose qu’il ignorait ? Connaissait-elle l’identité de la mystérieuse fille ? Pourquoi ne rien lui dire dans ce cas ?

Ils étaient amis et devaient se soutenir… Voilà ce qu’il pensait, ne comprenant pas à quoi elle faisait réellement allusion ou ne voulant pas comprendre intentionnellement son intention. Il se sentait perdu et n’arrivait pas à réfléchir posément à la situation, le weekend qu’il devait passer à la montagne lui ferait le plus grand bien, il était convaincu que cela lui serait bénéfique pour remettre ses idées en place et dénouer toute cette histoire.

En revenant le lundi matin au lycée, il était bien décidé à avoir une discussion avec son amie, il était certain qu’elle en savait plus que ce qu’elle ne disait et l’idée que ce soit avec lui ne lui avait pas échappé, mais il avait un peu de mal à y croire. Au travers de leurs conversations, il avait découvert une femme assez fragile alors qu’elle ne montrait que rarement ses faiblesses IRL (In Real Life) et souriait tout le temps. Était-elle la même ? Qui était-elle en vérité ? Afin de le savoir, il n’avait qu’une option, la pousser à tout avouer. Mais au moment où il la vit, toutes ses questions disparurent, son visage la trahissait, il s’était passé quelque chose durant le weekend, elle ne pouvait pas le tromper. Jules prit son amie par la main et l’attira dans un coin tranquille de l’établissement afin de la questionner.

— Que se passe-t-il ?

— Je ne sais pas de quoi tu parles.

— Ne me prends pas pour un idiot Sophie, je vois bien qu’il s’est passé quelque chose.

— Tu te trompes.

— Tu préfères peut-être utiliser le site pour en parler…

— Ce n’est pas drôle Jules, ça n’a rien de drôle.

Elle se recroquevilla sur elle-même et posa sa tête sur ses genoux, enlaçant ses jambes de ses bras. C’était bien la première fois qu’elle me laissait voir autant ses blessures et cela m’inquiétait, je m’assis près d’elle et la penchait vers moi en déposant ma main sur son épaule.

— Tu sais bien que je suis idiot, si tu ne m’expliques pas les choses ou si tu ne me les dis pas clairement, j’ai bien plus de mal à comprendre ce qu’il en retourne. J’ai fini par comprendre ce que tu voulais dire vendredi, je reconnais que je ne voulais pas y croire parce que tu es ma meilleure amie, pas parce que je ne te vois que comme une amie, mais parce que je crains de perdre ton amitié si jamais nous deux ça ne fonctionnait pas. Mais là n’est pas la question, que t’est-il arrivé ce weekend ? Vendredi, tout allait bien si ce n’est que je ne comprenais pas ce que tu essayais de me dire ; et aujourd’hui je te retrouve avec une ecchymose sur la partie droite de ton visage et avec une aura sombre. Ne viens pas me dire que tout va bien !

Il avait dit tout cela en montant le ton au fur et à mesure et en finissant sa tirade debout face à elle. Sophie avait relevé la tête et le regardait troublée par ses paroles. Elle ouvrit plusieurs fois la bouche sans parvenir à dire quoique ce soit. Il la vit baisser la tête et regarder ses pieds tout en croisant ses doigts et serrant ses mains l’une contre l’autre. Il devait l’aider à se libérer et pour le faire il ne pensait qu’à une seule solution. Jules se mit à genoux et posa ses mains sur les siennes, fuyant son regard.

— Sophie… Qui t’a fait cette marque ? Quelqu’un que je connais ?

— Je… Je ne peux pas te le dire.

— Pourquoi ? Tu cherches à me protéger ?

— Non, c’est juste que tu ne peux rien y faire. Je n’ai pas envie de te voir perdre ton temps pour une histoire que tu ne peux pas changer.

— Rassure-moi, ce n’est pas une personne de ta famille d’accueil, n’est-ce pas ?

Aucune réponse de sa part, non cela ne pouvait pas être vrai, il refusait de croire que l’un des adultes de son foyer d’accueil ait pu la brutaliser ainsi. Mais que c’était-il donc passé ? Pourquoi ne voulait-elle rien dire ? Une histoire que l’on ne pouvait changer, que voulait-elle dire par là ? Que pouvait-elle bien vouloir cacher ?

— Sophie, raconte-moi ce qu’il s’est produit… Je t’en prie…

— Mais pourquoi tu y tiens autant ? Occupe-toi de tes affaires Jules ! Laisse-moi tranquille ! Cela ne te concerne pas, ne t’a jamais concerné et ne te concernera jamais… Nous ne sommes qu’amis…

Et sur ces mots, elle se leva et partit pour le premier cours de la journée. J’en venais à regretter les premiers mois de l’année où nous rigolions ensemble comme si de rien n’était. Je ne savais encore rien de sa réalité, de son quotidien, je connaissais son passé et son présent dans les grandes lignes mais rien de plus. Aujourd’hui, si je réfléchissais à ce que j’avais appris via le net, je pouvais dire en connaître beaucoup à son sujet, plus que je ne pensais. Ses parents avaient divorcés, son frère et elle s’étaient retrouvés livrés à eux-mêmes, ils avaient fini par être placés dans une famille d’accueil qui avait accepté de les prendre tous les deux pour qu’ils ne soient pas séparés… Sauf que son quotidien n’était pas aussi rose, elle ne vivait pas dans le bonheur, la famille ayant eu deux enfants en bas âge par la suite, on lui demandait souvent de l’aide pour les tâches ménagères, la cuisine et les courses et les problèmes étaient survenus après quelque temps, lorsque le mari avait perdu son travail. Jules ne savait pas exactement ce qui se passait, ce à quoi elle devait faire face tous les jours, mais il priait pour que la trace de violence de ce matin soit la première de ce genre qu’elle subissait et pas une énième.

En allant en cours, il pensa au fait qu’il devait la sortir de là, il n’aimait pas la voir blesser, mais que pouvait-il concrètement ? Il lui était possible de l’inviter chez lui pour une soirée ou deux, mais pas plus… Il ne pouvait pas aller porter à la police, ce n’était pas lui le concerné et Sophie refuserait à coup sûr de le faire… Pouvait-il en parler à un adulte ? Ses parents ou leurs professeurs ? Il entendait déjà son amie lui reprocher de se mêler de choses qui ne le concernaient pas.

©S.

À la semaine prochaine avec l'article musical du mois. Vous retrouverez la partie 3 de l'histoire en début du mois de mars. Portez-vous bien…

3 vues

Posts récents

Voir tout

Amour sur Internet (partie 7 / dernière partie)

Bonjour tout le monde, nous voici aujourd'hui avec la dernière partie de mon histoire. Je vous en souhaite une bonne lecture. Trois ans plus tard, Sophie faisait les cent pas devant le bureau du juge

Amour sur Internet (partie 6)

Bonjour tout le monde, on se retrouve en cette fête du travail avec l'avant-dernière partie de ma courte histoire, j'espère que jusque-là elle vous aura plut et que le final qui arrive vous satisfera

Amour sur Internet (partie 5)

Bonjour à tous et toutes, on se retrouve cette semaine avec la suite de cette nouvelle (je ne sais toujours pas où elle va nous mener d'ailleurs), je découvre en même temps que vous la vie de ces deux

 
  • facebook