• Sarah K - Auteure

Amour sur Internet (partie 3)

Bonjour tout le monde, nous voici cette semaine avec un nouvel article d'écriture. Il s'agit de la suite d'une histoire qui a été mis en ligne au mois de février (pour ceux qui s'en rappellent…). Je vous souhaite une bonne lecture.

Les jours étaient passés, la trace du coup disparue, comme si tout cela n'avait été qu'un cauchemar dont il se réveillerait. Il l'avait invité à passer une soirée chez lui, mais elle avait refusé; il lui avait proposé de venir avec son petit frère, pensant que c'était peut-être la peur de le laisser seul qui l'avait empêché d'accepter… Là encore, elle avait décliné l'invitation. Sophie se montrait de plus en plus renfermée sur elle-même, Jules, lui, ne voyait pas l'inquiétude de ses professeurs, par contre, il se rendait bien compte de l'état de fatigue de son amie.

-Sophie, la héla-t-il au détour d'un couloir.

- Que me veux-tu, Jules ?

- Tout va bien dans ta famille d'accueil ?

- Oui, pourquoi ?

- Je ne sais pas, tu as l'air tendue et fatiguée. Je m'inquiète…

- Tu n'as pas à l'être, tout va bien. Ce sont les examens qui me préoccupent.

Jules la regarda soucieux, il n'y croyait pas une seule seconde. Ce n'était pas possible, Sophie lui mentait et il était certain qu'elle savait qu'il savait qu'elle n'était pas honnête. Depuis qu'il avait admis que son amie et la mystérieuse jeune fille d'Internet ne devaient être qu'une seule et unique personne, il voyait les choses plus clairement. Il était en mesure de se rendre compte de ses mensonges et cachotteries.

Le problème était le suivant : la connaissant, elle et son fichu caractère, il était plus convaincu que jamais qu'elle ne parlerait pas. L'air de rien, il lui proposa de venir chez elle pour un devoir et finit par rester toute la soirée avec elle. La famille d'accueil le laissa faire ce que bon lui semblait, n'ayant pas le temps de s'occuper de lui. De ce fait, il passa la nuit sur place, dormant avec le petit frère de Sophie avec qui il s'entendait assez bien. Alors qu'ils étaient tous ls deux dans la cambre du plus jeune, Jules en profita pour le questionner avant qu'ils ne se couchent.

-Dis-moi Quentin… Ta sœur avait un sacré gnon au visage il y a quelques semaines, il s'est passé quoi exactement ? je demande parce qu'elle m'a dit s'être pris la rambarde du lit des jumeaux en les bordant, mais j'ai du mal à y croire.

- Je ne peux rien dire… Je l'ai promis… Et les promesses faut surtout pas les briser, c'est Sophie qui le répète.

- Elle a raison, mais tu sais, si quelqu'un lui ou vous fait du mal, vous avez le droit de le dire, promesse ou pas.

- Non, je peux pas… Sophie, elle sera en colère après… J'ai pas le droit…

-D'accord bonhomme… Tu n'es pas obligé de parler, on va faire un jeu pour que tu ne dises rien, ok ?

- C'est quoi comme jeu ?

- Je vais te poser des questions par rapport à ce qu'il s'est passé et toi tu vas secouer la tête de haut en bas pour "oui" et de gauche à droite pour "non", ça te va ?

- T'es sûr que ça casse pas la promesse ?

- Tu lui as promis "de ne rien dire", n'est-ce pas ?

- Oui!

- Bah là, tu ne parles pas, donc tu ne "dis rien".

-D'accord, bah je veux bien jouer alors.

Au bout d'une vingtaine de minutes, après avoir écumé toutes les possibilités allant des simples ou plus sordides, il eut enfin ses réponses avec des précisions ici où là concernant leur situation actuelle. Contrairement à ce qu'il imaginait, Sophie n'était pas battue par sa famille d'accueil, ils n'avaient jamais levés la main sur elle. Le père pouvait être violent verbalement quand il buvait trop et cela s'tait fait ressentir à la perte de son travail, mais comme il avait repris une activité, tout était rentré dans l'ordre. Sophie n'avait plus trop le temps de se connecter à Internet entre ses devoirs à elle, l'aide apporter pour les devoirs de son frère et des jumeaux, les tâches ménagères (même si les autres y participaient aussi). La mère étant décoratrice d'intérieur, elle était, dernièrement, ,souvent en déplacement pour surveiller des travaux. Pour en revenir à sa blessure, il s'agissait bien d'un mensonge, mais il venait de leur propre mère...

Ils avaient revus leurs parents un week-end et en rentrant chez leur famille d'accueil, les adultes avaient pu constater que Sophie portait plusieurs traces de coups, mais elle leur avait assuré avoir trébucher dans l'escalier et s'être cognée à divers endroits, faisant promettre à son petit frère de ne pas la contredire et de ne jamais rien dire à personne.

Jules se sentit un peu mal à l'aise d'avoir du mentir au cadet de sa meilleure amie, mais maintenant qu'il savait la vérité, il allait enfin pouvoir la confronter efficacement.

©S.

À la semaine prochaine, prenez soin de vous.

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