• Sarah K - Auteure

Amour sur Internet (partie 5)

Bonjour à tous et toutes, on se retrouve cette semaine avec la suite de cette nouvelle (je ne sais toujours pas où elle va nous mener d'ailleurs), je découvre en même temps que vous la vie de ces deux personnages. Je vous souhaite bonne lecture.

De son côté, Sophie était perdue, elle ne voulait pas mêler Jules à ses soucis, elle ne désirait pas s'inquiéter pour ses états d'âmes, une chose était certaine : il ne devait pas s'impliquer plus dans sa vie ou cela deviendrait vite impossible à garder sous contrôle. Quand il lui avait demandé pourquoi elle le repoussait inlassablement, elle avait envisagé de lui raconter toute l'histoire afin qu'il comprenne car il était apte à comprendre ses choix et à l'attendre, elle le sentait, peut-être même qu'il accepterait de l'aider dans sa recherche d'appartement mais aussi du point de vue administratif afin de trouver un travail une fois le diplôme en poche, mais aussi pour la garde de son frère… Mais voilà, elle avait finalement opté pour une semi-vérité : lui expliquant dans les grandes lignes qu'elle l'aimait, mais qu'en ce moment, elle avait trop de choses à gérer pour pouvoir avoir une vie amoureuse. Tout cela parce qu'elle avait sa fierté et sa peur, c'étaient elles qui l'avaient empêchée d'avouer à son partenaire qu'elle était sa correspondante d'Internet et qui l'avait, du coup, poussée à lui révéler par devinette son identité; c'était encore et toujours elles qui la bloquait, qui lui fermaient des portes et qui, en quelque sorte, l'empêchaient de vivre.

Des mois passèrent sans que son « ami » ne lui reparle de leur « histoire », Sophie ne parvenait pas à savoir s'il avait tourné la page, s'il l'abandonnait ou non. Elle n'arrivait pas à le définir : Jules semblait être devenu plus distant avec elle et pourtant il n'avait pas l'air de s'intéresser à d'autres filles, à moins bien évidemment qu'il n'entretienne une nouvelle correspondance via le net et qu'il succombait au charme de l'intrigante… Elle ne voulait pas s'imaginer cela, que ferait-elle si Jules ne l'attendait pas ? Pourrait-elle seulement le supporter ? La réponse était un « non » catégorique. Elle se rendit compte, à cet instant, que les sentiments qu'elle avait développé pour son compagnon n'avaient rien d'une amourette, c'était bien plus passionné, poignant. Elle avait la sensation qu'on la détruisait, qu'on lui arrachait le cœur avant de le frapper à coup de marteau ou de massue. C'était à peine si elle parvenait à respirer, tellement sa poitrine se compressait sous un poids imaginaire. La jeune fille fit comme si de rien n'était, elle aussi devient plus distante, voulant se protéger des dégâts de l'amour et protéger son cœur d'une trop grande blessure ou déception. Au fond, elle ne lui faisait pas totalement confiance, elle n'en était pas capable, son cœur avait souvent aimé et avait tout autant été brisé.

Accepter de faire confiance aux autres était devenu un pari risqué, pour lequel elle n'avait ni le courage ni la force de le surmonter. Il s'agissait de la peur ni plus ni moins tout son être lui criait de fuir dès qu'un garçon l'approchait, ses sentiments amoureux se disputaient la place avec cette sombre émotion primaire. Quand il s'agissait de Jules, elle ne parvenait pas à raisonner calmement, son cœur décidait pour elle… Pourtant, elle avait conscience qu'elle ne pouvait pas continuer ainsi. Sophie savait, au fond d'elle-même qu'elle devait parler à son ami, qu'elle lui devait une réelle explication.

Ce n'était pas la première fois qu'elle parlait avec un jeune homme, et pourtant, elle n'était pas en mesure de calmer son cœur, d'apaiser ses craintes. Malgré tout, elle finit par empoigner son courage et toqua à la porte de Jules. Ce fut son père qui l'accueillit et qui lui indiqua où elle pouvait le localiser.

Elle suivit ses instructions et le retrouva en effet sur l'aire de skateboard. Il était en compagnie de ses amis et riait de bon cœur, Sophie se demanda si c'était réellement une bonne idée, après tout, elle pouvait encore faire demi-tour, il ne l'avait pas vu, il n'en saurait rien… Et si elle se ridiculisait ? Et si Jules ne l'aimait pas autant qu'elle le pensait ? Et si… Et si… Trop de questions tournaient dans son esprit, une nouvelle fois la peur de le perdre la gagnait. Sophie était bien consciente d'être insensée; elle se tenait droite comme un piquet, le teint pâle, ce qui contrastait avec ses joues rougies par le stress, les mains moites devant elles , incapable de les garder toutes deux jointes l'une à l'autre. Quand l'un des amis du jeune homme la vit, il la signala à Jules qui tourna la tête en sa direction, il lui semblait surpris de la rencontrer dans un tel lieu et ses propos le lui confirmèrent :

— Sophie ? Que fais-tu ici ?

— Pour tout te dire, je voulais te parler.

— Cela ne pouvait-il pas attendre demain au lycée ?

— Si, mais je crains de ne plus en avoir le courage demain.

— Bon, viens.

Elle le vit saluer ses compagnons d'un geste de la main et l'entraîner à sa suite dans une ruelle calme.

— Alors de quoi voulais-tu me parler ?

— De nous… De moi… Je t'aime sincèrement, et je pense que si tu me laissais tomber pour une autre, je le prendrais mal, mais en même temps je comprendrais ta décision. Il est vrai que je ne peux pas te donner autant d'affection que tu le mérites, ni même de mon temps, mais il y a une raison à cela : ma famille. Quand j'aurais mon BAC et dix-huit ans, je serais sans logement…

— Quoi ?

— Une fois la majorité atteinte, l'aide à l'enfance s'arrête et on doit soit vivre chez nos parents soit ailleurs. Moi, je cherche un logement quelques mois ainsi qu'un travail. Mon frère est en sécurité pour l'instant, mais je compte demander sa garde. Et pour cela, il me faut un appartement assez grand et un revenu stable. C'est pourquoi, je ne peux pas vivre d'histoire d'amour pour le moment; quand tout sera terminé, je pourrais me laisser aller et vivre une romance avec toi, si tu es prêt à m'attendre. Mais ma priorité à l'heure actuelle c'est de sortir mon frère des griffes de mes parents.

©S.

Warning : Une petite précision : je n'ai pas fait la vérification à propos de l'arrêt de l'aide à l'enfance, ce que j'ai dit est probablement faux, mais pour les besoins de cet écrit, nous ferons comme si tout cela était normal.

La semaine prochaine, ce sera l'article musical du mois. N'hésitez pas à me laisser des commentaires sur ce que vous pensez de mes écrits (en bien ou en mal pourvu que ce soit constructif), mais aussi si vous avez envie de voir certains types d'articles sur mon blog ou si vous désirez que je parle d'un sujet en particuliers. J'aime voir que des gens me suivent et avoir des retours sur ce que je fais. Passez une bonne semaine et à samedi prochain.

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