• Sarah K - Auteure

Amour sur Internet (partie 6)

Bonjour tout le monde, on se retrouve en cette fête du travail avec l'avant-dernière partie de ma courte histoire, j'espère que jusque-là elle vous aura plut et que le final qui arrive vous satisfera aussi. Je vous souhaite une bonne lecture.

Sophie baissa la tête en s'excusant, elle savait qu'elle lui en demandait trop. Il avait beau être au courant des soucis de sa vie personnelle, il n'était ni dans l'obligation de l'aider ni dans celle de l'attendre. Il avait le choix, mais la jeune fille espérait de tout cœur qu'il se rangerait de son côté. Jules resta plusieurs secondes la bouche entrouverte, cherchant à assimiler ce que l'on venait de lui dire, mais tout ce qui revenait à son esprit était le fait que sa partenaire n'était qu'une idiote.

En effet, pourquoi avoir gardé tout cela secret ? Pourquoi ne pas lui en avoir parlé avant ? Était-il si peu fiable ? Non, puisqu'elle lui avouait finalement ce qui la tracassait et il n'avait pas changé d'un iota depuis des mois. Ils avaient perdus un temps précieux, voilà la conclusion à laquelle il parvint. Sophie n'aimait pas le silence qui s'installait entre eux, elle serrait et desserrait successivement les mains, attendant désespérément qu'il prenne la parole avant de craquer en lui posant une question :

— Tu ne dis rien ?

Pour toute réponse, elle sentit les mains de son compagnon dans son dos et des lèvres sur les siennes avant qu'elle n'ait pas pu faire le moindre mouvement. Il y avait un tel besoin, une telle intensité dans ce baiser qu'elle n'eut pas la volonté de l'éloigner; alors que son cerveau lui intimait de reculer, elle se surprit à loger ses mains dans la chevelure de Jules et à se coller contre son torse au point que l'on pouvait croire qu'elle tentait de se fondre dans son corps. Le jeune homme prit appui contre le mur d'une maison tandis qu'il relâchait les lèvres de sa petite amie, les faisant reprendre difficilement leur souffle. Ils se regardèrent tous les deux dans les yeux, front contre front, les joues rouges, mais heureux. Tous les deux avaient la sensation d'avoir avancé dans leur relation : ils se sentaient bien plus proche de l'autre qu'auparavant et ils avaient l'impression d'aller dans la même direction. Ils se séparèrent d'un commun accord, ils passeraient le samedi suivant à faire un point sur la situation de Sophie et à chercher des solutions.

La semaine passa rapidement, la jeune femme se sentait plus légère depuis qu'elle s'était confiée à son petit ami et reprenait du poil de la bête, les professeurs le remarquèrent rapidement et en furent satisfaits, sa famille d'accueil ne sut jamais d'où venait se regain d'énergie après cette période de « dépression ».

Le samedi matin, elle se présenta chez Jules avec toutes ses recherches et démarches entamées. Elle les lui montra et ils en discutèrent.

— Bon, si je comprends bien, le juge des affaires familiales ne serait pas contre la garde de ton frère pour peu que tu trouves un logement décent pour vous deux et que tu obtiennes un salaire stable, c'est bien cela ?

— Oui, c'est cela. Franchement je ne sais même plus où chercher ni par quoi commencer. Pour travailler il me faut un domicile, sauf que pour l'appartement il me faut suffisamment d'argent pour payer les loyers d'avance et les autres au fur et à mesure…

— Écoute, à la fin de l'année, mes parents ont prévus de me laisser habiter dans l'ancienne remise au fond du jardin, on a bossé dessus avec mon père pour l'agrandir, la mettre aux normes, l'isoler, la relier au tout à l'égout et installer l'électricité. C'est assez grand pour deux, il suffit qu'on change le lit ou alors qu'on mette un paravent avec ton lit de l'autre côté, qu'on rajoute quelques chaises et quelques décorations et ça sera vivable. Tu peux venir y vivre le temps de trouver un travail stable et ensuite tu pourras chercher un vrai logement.

— C'est gentil, Jules, mais je ne peux pas accepter. Je ne pense pas que tes parents soient d'accord avec ton projet, je n'ai pas envie que tu te disputes avec eux.

— Sophie, si je te le propose c'est parce que j'en ai déjà discuté avec eux, ils sont d'accord à condition que l'on fasse nos propres lessives avec les produits que nous aurons achetés et que l'on aide au nettoyage de jardin. Nos repas sont également à notre charge, après ils veulent bien payés les frais d'électricité et d'eau en contrepartie...Si tu acceptes bien sûr.

— Je ne sais pas, c'est gentil à vous, mais j'ai l'impression de vous embêter et de vous causer de nombreux problèmes. Tu peux mettre notre adresse pour tes courriers de recherche, comme ça, tu n'as plus qu'à te concentrer sur le fait de décrocher un poste. D'ailleurs, tu travaillais bien dans une boîte l'été dernier ?

— Oui, pourquoi ?

— Ne pourraient-ils pas te prendre ? Ils savent de quoi tu es capable, ils pourraient t'embaucher, non ?

— Ce n'est pas aussi simple… Je n'ai pas les diplômes et l'été dernier ce n'était pas le même patron.

— Explique-lui, envoie-lui ton CV et une lettre de motivation, dis-lui que tu as déjà travaillé pour eux, donne-lui des noms pour qu'il puisse prendre contact avec eux et voir ce qu'il en était. Cela ne te coûte rien, n'est-ce-pas ?

— Non en effet. Je peux toujours tenter et voir ce qu'il se passe. Au pire, ils refusent.

Sophie repartit en joie, elle avait peut-être un début de solution à ces problèmes, cela la gênait de devoir dépendre de la famille de Jules, mais bon, si elle devait mettre sa fierté de côté, pour cette fois, elle le ferait sans se poser trop de questions.

©S.

Alors qu'en avez-vous pensé ? Comment voyez-vous la fin ? En attendant vos réactions, je vous souhaite une bonne semaine et je vous dis à dans deux semaines pour le final d'Amour sur Internet. Samedi prochain, je ferais un article spécial pour le 8 mai. Bises à tous et toutes (de loin bien évidemment).

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