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  • Sarah K - Auteure

Concours du magasine So-What ?

Au mois de mai, j'ai participé au concours de nouvelles organisé par ce magasine, il avait pour thème : le confinement. Les résultats étant tombés il y a quelques jours, je vous partage l'écrit que j'ai réalisé pour cette occasion (je n'ai pas gagné mais ce fut une belle expérience). Je vous souhaite une bonne lecture.


Première partie : La phase de confinement

En ce temps de confinement, le monde ne pense qu’à une seule chose : la sécurité. Et pour cela, tous les pays affectés ont choisi de mettre en place un confinement. Personne ne pense à sortir, faire de nouvelles rencontres, bien évidemment, puisque c’est contre les règles établies par le gouvernement. Quelle idée folle, voilà ce que vous allez me dire… Et si je vous disais, que pendant ce temps sombre, de nombreuses histoires d’amour ont commencés ? Vous ne me croyez pas ? Écoutez donc, l’histoire de Nathan et d’Éloïse… Quoi encore ? Je n’ai même pas commencé, que vous m’interrompez déjà. Comment ils se sont connus ? Via les réseaux sociaux ? Taisez-vous et

laissez-moi vous répondre à la fin… Dans notre cas, il s’agit ici, d’un homme qui est tombé sous le charme de sa voisine -celle qui habite dans l’appartement voisin, en face de chez lui, de l’autre côté de la rue- et pour la séduire, il s’est plié en quatre pour trouver des idées réalisables durant cette

période. Comment ça, quelles idées ? Si vous me laissiez conter cette histoire, peut-être le sauriez-vous. Je vous préviens, si vous m’arrêtez encore, je vous colle du scotch sur la bouche pour vous faire taire de force.


Au début du confinement, Nathan est tombé amoureux fou de sa voisine lorsqu'il l’a aperçue pour la première fois depuis sa fenêtre. Ça a été le coup de foudre au premier regard. Il s’est alors mis en tête, d’attendre le dé-confinement, mais comme il s’est rendu compte, que cela risquait de

prendre plusieurs mois, il a changé son fusil d’épaule. L’étudiant en art a décidé de parler à sa belle par balcon interposé afin de la connaître et de voir si ce n’était que son physique -très avantageux- qui l’intéressait.


Le jeune homme, de vingt-trois ans, a donc acheté plusieurs bannières et en a accroché une au-dehors de son appartement. Dessus, il avait inscrit : « Cher voisine, accepteriez-vous de discuter un moment avec moi, depuis chez vous, bien sûr ? » Il avait tenté de faire de l’humour malgré la situation. À dire vrai, il n’était pas sûr que sa dulcinée accepterait la proposition, ni même qu’elle la lirait. C’était donc avec peu d’espoir qu’il avait finalement entendu des coups de cailloux envoyés sur les carreaux de sa fenêtre. Il avait alors découvert sa voisine qui lui faisait signe.


Nathan était sorti rapidement, après avoir vérifié dans un miroir, que ses cheveux bruns étaient bien coiffés et qu’il n’y avait aucune marque près de ses yeux verts ni de son nez aquilin, ni même près de ses fines lèvres. Face à lui, se tentait une jeune femme aux longs cheveux bruns, aux yeux marron et aux lèvres pulpeuses, il faisait chaud ce jour-là, ce qui expliqua certainement le fait qu’elle ne porte qu’un short et un débardeur sur lequel, elle venait de rajouter une petite veste en jean. Il avait alors appris son prénom : Éloïse, mais aussi ce qu’elle faisait comme métier : elle était designer dans la mode, et ses passions : elle aimait les promenades mais aussi de rester chez elle à

procrastiner. L’être masculin lui avait alors proposé un dîner, en précisant que chacun resterait chez soi et lui promettant qu’il s’occupait de tout. Nathan avait vérifié qu’elle n’avait pas d’allergies, il ne voulait sous aucun prétexte que cette soirée se finisse à l’hôpital pour elle. De plus, si cela arrivait, il perdrait toutes ses chances d’obtenir un deuxième rendez-vous. Sachant ses goûts culinaires, il leur avait concocté un repas délicieux. Le lendemain soir, il avait dressé une table avec sa chaise en dehors de son appartement, il y avait posé une nappe, des couvert et un verre comme si ce fut un rendez-vous tout ce qu’il y avait de plus normal. Il était ensuite allé jusqu'à l’immeuble

voisin et avait sonné pour qu’Éloïse vienne récupérer son repas.


Il était ensuite remonté chez lui et ils avaient dîné ainsi, échangeant des paroles, mangeant dans le calme de la ville et surtout, en savourant cet instant inattendu dans leurs vies. Nathan avait alors déployé dans les jours suivants, une nouvelle bannière avec ses coordonnées, dans l’espoir qu’Éloïse l’appelle. C’est d’ailleurs ce qu’elle fit quelques jours plus tard. Le jeune homme perdait confiance au fur et à mesure que s’écoulaient les jours, lui qui avait cru vivre un rêve éveillé durant cette soirée, il avait l’impression, qu’être confiné, allait le rendre fou. Il ne désirait qu’une chose, savoir si sa voisine, avait bien vu sa banderole… C’est donc avec une joie non dissimulée qu’il décrocha son téléphone puis sa bannière en entendant le son de la voix d’Éloïse. Durant les jours qui suivirent, Nathan passa au moins une heure tous les soirs au téléphone avec sa camarade d’étage. Ils s racontaient ce qu’ils voulaient faire quand ils pourraient sortir et se promirent une virée en ville dès qu’on le leur permettrait.


Seconde Partie : la phase de dé-confinement

Quelle fut la joie de Nathan lorsqu'il entendit que le onze mai, il pourrait sortir de chez lui, aller chez sa voisine et être enfin près d’elle. Dès qu’il avait entendu cette nouvelle, il s’était empressé d’appeler Éloïse et de convenir avec elle, d’un jour et d’une heure pour aller se promener. La semaine précédant le jour de sortie autorisée, il ne tenait plus en place. Il avait de plus en plus de mal à s’occuper les mains et l’esprit, tant son désir de sortir, de mettre enfin un pied en dehors de chez lui et ce, en étant libre de ses faits et gestes, même si, bien sûr, ce n’était pas vraiment la fin du confinement puisque le virus était toujours présent.


Malgré tout, Nathan ne pensait plus qu’à sa sortie avec la belle Éloïse, il ne voyait que cela, il ne pensait qu’à cela, jour et nuit. La semaine passa donc à une vitesse proche de celle d’un escargot, la conception de repas, le travail ou encore les jeux sur consoles ne le distrayaient plus autant qu’auparavant. Il avait l’impression d’être une bête sauvage en cage, de tourner en rond -en carré ou en rectangle vu la forme de son appartement, serait un terme plus juste que cette expression, mais passons- et que l’aiguille des secondes prenait un malin plaisir à avancer le plus lentement possible.


Le douze mai, date convenue par nos deux protagonistes, il se fit le plus beau possible : un jean, une chemise, des chaussures en cuir, une veste et un chapeau et le voilà dans la rue. Il sonna à l’interphone et lorsqu'il arriva devant la porte de l’appartement d’Éloïse, c’est face à un homme qu’il tomba. Il lui fallut plusieurs secondes pour comprendre ce qu’il se passait, il vit la jeune femme derrière qui déclarait qu’il pouvait entrer et faire les présentations. Elle le présenta comme son voisin, comme un homme qui lui avait permis de ne pas devenir folle durant les dernières semaines en lui amenant des interactions sociales. Elle présenta ensuite l’homme qui se trouvait en short dans son appartement comme son petit ami. Une mauvaise blague, voilà ce à quoi pensait Nathan à cet instant, elle lui faisait une mauvaise blague. Elle ne lui avait jamais parlé d’un petit ami et c’est donc tout naturellement qu’il s’égosilla avec un « Quoi ? » juste après qu’elle eut fini de parler et de claquer la porte derrière lui, en partant en direction de son appartement.


Il aurait mieux fait de rester confiné, seul, chez lui, sans avoir de relations avec les autres, il n’aurait pas à étouffer un amour naissant qui ne verrait le jour.


Merci de m'avoir lue, à la semaine prochaine.

©S.

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