• Sarah K - Auteure

Dépression d'une rêveuse

Je regardais le ciel, il était couvert d’un léger voile blanc qui atténuait la lumière transmise par le soleil. Tandis que le jour déclinait, mon regard, lui, restait fixe sur ces morceaux gigantesques de coton, mon esprit, lui, vagabondait très loin de mon corps. Il imaginait un futur joyeux, emplit de sourire, un futur auquel je savais pourtant que je n’aurais pas droit. La vie m’avait toujours privée de ces moments de bonheur, elle me faisait voir la beauté des choses pour me les retirer juste après, me replongeant dans la noirceur de mon être.

Je ne crois plus en rien, je ne crois plus en personne. Je ne suis pas capable d’affronter ce monde, je n’ai pas le courage de faire face aux autres, je ne me sens la force d’avancer et de me battre. Je souhaite juste sombrer dans les profondeurs du désespoir et ne plus me relever. J’aimerais juste disparaître, oui, elle est là cette vérité que je tente par tous les moyens de me cacher, je souhaite seulement m’endormir et ne pas me réveiller.

Malheureusement, ce n’est pas possible. Je ne suis pas en mesure de le faire, je suis lâche. Je refuse de prendre une décision, je laisse les autres la prendre pour moi en général. Être au centre de l’attention, ce n’est pas mon genre, alors en finir ce n’est pas une option. Tout le monde dit que se foutre en l’air, c’est la solution de simplicité et que le vrai courage c’est d’affronter la vie et ses merdes, mais je me répète : je n’en ai pas la force. Plus le temps passe et plus je suis fatiguée de combattre celle que je suis, je suis épuisée de faire semblant, de faire croire que tout va bien alors que ce n’est pas vrai.

Je souhaite pouvoir tout oublier et recommencer à zéro, mais je n’ai pas ce droit, on ne me l’accorde pas et ce, malgré toute la force que je peux y mettre dedans. J’aimerais que ce message t’atteigne, mais ce ne sera pas le cas, tu ne le liras pas, tu ne comprendras pas, tu n’en sauras jamais rien. Tu ne vois que ce que tu veux voir, tu effaces de ta conscience quand je ne vais pas bien, quand je sombre. Il faut avouer la vérité ici, c’est bien de ta faute, si je vais si mal : tu me repousses sans cesse, tu as peur de moi, je ne peux pas te blâmer sur ce point vu que je me fais peur à moi-même. J’aurais souhaité que tu sois celui qui me comprenne le mieux, celui qui me prendrait dans ses bras sans que je n’aie à demander, celui qui au son de ma voix saurait que j’ai envie de pleurer toutes les larmes de mon corps. Il faut croire que je me suis trompée, que tu n’es pas cet homme et que je n’ai définitivement pas le droit au bonheur.

Je quitte le ciel du regard pour regarder mon téléphone : aucun message. Encore… Cela devient une habitude, mais je ne m’y fais pas, j’espère toujours voir apparaître ce message qui me sortira de ma solitude et de ma tristesse… En vain… Ce sera tout pour aujourd’hui, le soleil est déjà bas dans le ciel, bientôt, les étoiles et le noir prendront sa place, il est temps de fermer la fenêtre et d’aller faire bonne figure auprès des miens avant de me coucher pour recommencer demain.

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