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  • Sarah K - Auteure

Ecrit libre 4 suite

Après le voyage en train qui avait été un calvaire : trois heures de voyage, en pleine canicule, avec un masque sur le visage, je ne vous le conseille pas, j’étais le plus heureux des hommes en arrivant dans ma chambre d’hôtel. Une fois installé, ma douche prise, je me décidais à appeler mon ex-femme, je devais la prévenir de mon empêchement de voir mes enfants.

Un énorme mensonge plus tard, je me trouvais allongé sur mon lit, cherchant ce que j’allais pouvoir faire dans ce coin de la France et avec qui je pouvais passer le temps. N’imaginez pas que je n’aime pas mes enfants, non ce n’est pas cela, mais j’avais vraiment besoin de me retrouver seul, après tout, ils étaient chez moi pendant un bon moment durant cette période de confinement, et je vous assure que trois enfants âgés de sept à dix ans dans un appartement, ce n’est évident à gérer surtout quand on doit aussi d’occuper de son travail. Alors oui, j’avais menti, je venais de prétexter un voyage groupé pour le personnel de mon travail afin de renforcer les liens entre collègues et surtout nous permettre d’acquérir de nouvelles capacités grâce à des conférences, mais franchement, n’auriez-vous pas fait la même chose si vous aviez été à ma place ? Du coup, je me trouvais là sans avoir réellement pris le temps d’y réfléchir avant de partir, je n’avais qu’une hâte, quitter la métropole pour le soleil et des vacances, mais ce n’était pas de tout repos. Entre les contrôles, les règles d’hygiène et la distanciation, mes jours de repos allaient partir en fumée. Je commençais d’ailleurs à me dire que j’allais peut-être rester dans ma chambre, enfermé, pendant plusieurs jours, sans voir qui que ce soit. Voilà qui était une bonne idée, je pourrais ainsi récupérer nombre de mes heures de sommeil disparues.

Je me laissais sombrer dans un sommeil des plus récupérateurs jusqu’au lendemain matin. Lorsque j’ouvris les yeux, le réveil de mon téléphone indiquait une heure indécente pour des vacances : six heures… Je me tournais et retournais dans le lit jusqu’à constater que je ne pourrais pas me rendormir, voilà qui était la suite du cauchemar, même loin de toute source de nuisance sonore, je me réveillais aux aurores, à croire que mon corps avait pris l’habitude du réveil à cette heure-ci sans que je n’aie besoin de le mettre.

Incapable de me rendormir, je me décidais à sortir de ma chambre et à prendre un petit-déjeuner. Dans la salle qui servait le repas, je m’assis tranquillement, profitant du silence, j’étais l’un des rares à être déjà présent à cette heure matinale. Voyant un employé pas loin, je mis mon masque et l’interpellait, lui demandant ce qu’il y avait à faire dans le coin. Il me regarda comme si je sortais de l’asile, qui partait en vacances et réservait dans une région sans savoir ce qu’il y avait autour ? À part moi, personne… D’une grande patience, je reposais ma question et on m’indiqua les différentes activités possibles, me précisant qu’il fallait pour certaines réserver sa place au préalable pour éviter un trop grand monde en même temps au même endroit.

Je le remerciais et terminai mon petit-déjeuner. Une fois fait, je pris la direction de la plage, à cette heure-ci j’allais pouvoir me promener tranquillement et peut-être même retirer mon masque. Arrivé au bord de la mer, j’enlevai mes chaussures et mes chaussettes et allai jusqu’à la mer. Je marchai sur le sable, les pieds dans l’eau, c’était une sensation plaisante, un sentiment de liberté total, de solitude totale, comme si la plage n’appartenait qu’à moi, c’était grisant. Bien plus vite que je ne l’aurais voulu, du monde arriva et ma bulle se cassa, je rendis leur salut à ces personnes et décidais de quitter les lieux.

Je me promenais dans les ruelles de la ville, me laissant porter par mes pas, n’ayant pas de destination précise. Les heures défilèrent et ce fut mon estomac qui me rappela que je devais me nourrir. Trouver un restaurant d’ouvert n’est pas chose facile mais trouver un restaurant en période de vacances scolaire est encore moins facile en cette maudite période.

La journée achevée, je me jetais sur mon lit et m’endormis très rapidement. J’eus tout de même une pensée pour mes enfants : cela faisait du bien de ne pas les avoir avec moi. Je n’aurais jamais cru m’entendre dire cela, mais après les mois passés ensemble, ne pas entendre leurs cris et leurs disputes me faisait le plus grand bien possible.


©S

À la semaine prochaine

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