• Sarah K - Auteure

Ecrit libre 4 (année 2021)

Mis à jour : mai 29

Bonjour tout le monde, nous revoici aujourd'hui pour un nouvel écrit libre. Je devais utiliser les cinq mots suivants : défibrillateur / changement / juillet / argumentaire / professeur. Je vous souhaite donc bonne lecture, en espérant avoir vos retours.

Il avait fallu d’un seul changement dans ma vie pour que je perçoive la vérité de mon existence, ce n’était ni le défibrillateur de l’hôpital qui m’avait ramenée à la vie ni les cours du professeur de Philosophie qui avaient changé ma mentalité, mais bel et bien un mois de vacances et pour être plus précise celui de juillet.

Je m’étais retrouvée, ma Licence de Philosophie en poche, sur les routes, voyageant au gré des rencontres et des chemins, parcourant le monde à la recherche de ma vérité, de celle que j’étais et de celle que je voulais devenir. Jusqu’alors j’étais une étudiante qui, à la rentrée, reprendrait le chemin des bancs de la faculté, qui écouterait en cours, passerait ses examens, obtiendrait certainement sa première année de Master puis la seconde et écrirait des récits philosophiques sur les grands thèmes de la vie : Justice, Désir, Identité, Bonheur, etc. Mais rien de cela ne me comblerait de joie, je le ressentais en mon for intérieur.

C’est ici que tout commence… Tandis que j’attendais sur le quai de la gare que mon train arrive pour rentrer chez mes parents quelques semaines, j’eus un déclic en voyant une pauvre femme qui peinait à tirer derrière elle une grosse valise sans que personne, moi y compris jusqu’à ce moment-là, ne lui porte assistance. Le monde ne tournait pas rond, on privilégiait son petit cocon, sa place, sa réputation, son espace vital au lieu d’aider notre prochain. Emportant ma propre valise pour qu’elle ne soit pas considérée comme abandonnée, je proposais à la veille dame de l’aider en emmenant sa valise à bonne destination ; quel ne fut pas mon étonnement quand je vis ses yeux se remplir de larmes de reconnaissance, cela faisait d’après elle, une bonne heure qu’elle traînait péniblement sa malle roulante sans que personne ne fasse attention à elle. La petite vieille me remercia chaleureusement m’indiquant le wagon où elle devait aller et je l’y accompagnais… Sans trop savoir comment ni pourquoi, nous nous mîmes à parler de tout et de rien, comme si nous nous connaissions depuis mon enfance. Le train arrivant, je l’aidais à monter sa valise et à la ranger avant de partir pour mon propre wagon sous le regard chaleureux et les au revoir de cette bonne femme. Le trajet me sembla durer une éternité tellement je me sentais seule ; tous ceux autour de moi discutaient sur leurs téléphones portables, regardaient quelque chose sur leur ordinateur ou bien écrivait : peut-être des professeurs corrigeant les dernières copies ou des élèves terminant un devoir de l’université qu’ils enverraient en arrivant, à moins qu’ils ne s’avancent dans la conception du mémoire à rendre… Enfin bref, tout cela pour dire qu’ils étaient tous occupés à quelque chose, sauf moi… Mon regard perdu dans le vague au travers de la vitre qui laissait voir le paysage défilé, mon esprit, lui, repensait à ce qui s’était passé quelque temps plus tôt.

En arrivant chez mes parents, je n’étais présente que physiquement et ils le remarquèrent assez vite, quand vint l’heure du dîner, on me fit passer un interrogatoire en bonne et due forme : études, amours, vie professionnelle… tout y passa. Mes parents cherchant à savoir ce qui me plongeait dans cet état réflexif. Je leur expliquai ce qui s’était produit à la gare et ce que j’avais ressenti, leur annonçant également que je comptais aller à l’aventure en partant de chez eux et ce jusqu’à la rentrée scolaire, travaillant où on m’accepterait afin de me nourrir et de me loger. Il fallut un argumentaire solide et plusieurs minutes de conciliation pour qu’ils acceptent de me laisser partir sans trop s’inquiéter pour moi.

C’est ainsi que je me retrouvais dans un café, à faire la plonge tandis que le patron remplaçait son cuistot malade et que sa femme courait dans tous les sens pour faire le service, tous les deux étaient débordés et pourtant ils souriaient ouvertement, non pas d’un sourire de façade, mais de ces sourires qui vous réchauffent le cœur, tout comme leur nourriture vous réchauffait le corps lors des nuits d’hiver. À la fin de la journée, je leur posai la question de savoir pourquoi ils étaient si heureux alors que toute autre personne se serait sentie paniquée et pour toute réponse, le mari me répondit que c’était parce qu’ils aimaient leur métier et n’en changeraient pour rien au monde. Cela me laissa perplexe toute la soirée : serais-je moi aussi capable de ressentir un tel bonheur en faisant de la philosophie ? Serais-je en mesure d’être aussi en phase qu’eux avec leur travail ? Serais-je capable de sourire tout en écrivant mes textes ? Avais-je réellement choisi la bonne voie ? Je n’en étais plus si sûre, il me fallut quelques jours de plus pour me rendre compte que j’avais choisi cette filière, car lors du baccalauréat, c’était l’une des seules matières où j’avais de bonnes notes… J’aimais bien confronter le monde actuel avec les pensées d’anciens philosophes, mais ce n’était en rien une passion qui me ferait me lever joyeuse tous les matins. Que désirais-je faire réellement ? Quel était ce à quoi je tenais le plus ? Qu’aimais-je faire durant mes loisirs qui pourrait devenir un travail qui me réjouirait de m’y rendre jour après jour ?

Laissant mes questions en suspens, il était temps pour moi de repartir sur les routes, mon remplacement touchait à son terme, après plusieurs heures de route et diverses discussions avec les personnes ayant accepté de me prendre en stop, je me retrouvais dans un petit village, où ma présence semblait déranger. Ne trouvant pas de travail, je demandais à ce que l’on me laisse passer la nuit quelque part, même si c’était dans le jardin, j’avais toujours ma tente dans mon sac justement pour ce genre de situation, mais tout le monde refusa, ne me laissant pas d’autre choix que d’aller m’installer en dehors du village. Je m’élançai le lendemain pour une nouvelle destination, espérant que cette fois-ci, cela irait mieux.

Au final, à la rentrée de septembre, je demandais à rejoindre un autre Master à partir du second semestre, je me préparais à suivre les cours de Littérature afin de suivre mon apprentissage de la construction d’un livre. Voilà ce pour quoi j’étais douée, raconter mon histoire, des histoires… L’écriture était plus qu’un hobby comme les autres pour moi, il s’agissait d’une véritable passion, d’un besoin à combler ; je me sentais libre lorsque je couchais des mots sur le papier, je me laissais envahir par les sentiments des protagonistes à qui je donnai vie et je leur donnais un moyen de s’exprimer à travers ma personne. Au fond, je me percevais un peu comme un oracle des temps anciens, et les dieux qui parlaient au travers de ces humains étaient en ce qui me concerne mes personnages.

Je vous dis à samedi prochain avec l'article musical du mois et vous souhaite de passer une bonne semaine.

2 vues

Posts récents

Voir tout

Fête de la musique

Bonjour tout le monde, cette semaine je me suis inspirée de la fête de la musique qui aura lieu le 21 pour écrire le texte qui suit. J'espère qu'il vous plaira et que l'humour ne vous fera pas fuir lo

Journal d'une jeune femme (extrait 5)

Lundi 2 : Je l’aime, inéluctablement, inlassablement, désespérément, mais je le rends malheureux et je le brime. Je viens d’apprendre qu’il réfrénait ses envies et désirs à cause de moi ; je pensais n

Amour sur Internet (partie 7 / dernière partie)

Bonjour tout le monde, nous voici aujourd'hui avec la dernière partie de mon histoire. Je vous en souhaite une bonne lecture. Trois ans plus tard, Sophie faisait les cent pas devant le bureau du juge

 
  • facebook