• Sarah K - Auteure

Le miroir

Bonjour, on se retrouve avec un texte réflexif cette semaine, pour changer un peu.

Le miroir me renvoyait une image terrible de moi-même : une laideur non seulement physique, mais aussi morale. Pourquoi devrais-je me remettre en question alors que lui ne le ferait pas ? Je n’étais pas en tort, c’était moi la victime dans l’histoire, c’était moi qui étais tombée amoureuse, moi qui m’étais confessé, et moi qui finissais en larme, car bien évidemment ce n’était pas son cas. Je n’étais qu’une bonne amie, rien de plus et n’en avait rien à faire de moi, je le savais depuis longtemps et pourtant je n’avais pas pu m’empêcher de le voir autrement, de faire une cristallisation amoureuse comme le nomme Stendhal dans son écrit nommé De l’Amour. L’être physique disparaît pour laisser place à un être mystifié où tous nos désirs sont rassemblés en un même être vivant : s’il m’aime, je serais capable de m’aimer à mon tour, cela voudra dire que j’existe bel et bien en ce monde. Or ce n’est pas vrai, ce n’est pas comme cela que les choses doivent se dérouler, j’en ai conscience au plus profond de moi. Pour que les autres nous aiment, il faut d’abord s’aimer soi-même. Il faut reconnaître ses points forts et ses points faibles, ses défauts mais aussi ses qualités. Le problème c’est qu’en pratique ce n’est pas aussi simple qu’en théorie, surtout lorsqu’on subit une rupture, c’est que l’on ne voit plus que ce qui nous déplaît le plus chez nous, tout ce qui brille, ce qui nous rend heureux perd ses couleurs, le monde extérieur devient terne… On n’est plus capable de le voir dans son entièreté, on ne le visualise qu’au travers d’une réflexion foncée : le prisme du désespoir.

Pour en revenir au miroir, il ne fait que refléter une image, c’est nous qui nous nous voyons de telle ou telle façon, qui pouvons d’une pensée nous percevoir d’un nouvel œil. C’est à nous de nous aimer en premier lieu, de polir nos qualités et de les exposer au reste du monde. Encore une fois, c’est un combat qui se livre dans mon esprit : ma souffrance et ma raison se lancent une bataille sans merci et pourtant, je suis certaine qu’aucune d’eux ne sortira vainqueur de ce combat. Il est sans fin, je finis par poser mes doigts sur le miroir, balayant la buée qui s’y est déposée d’un geste rageux de la main. Je laisse mes yeux parcourir cet hideux reflet et détourne le regard, finalement, ne parvenant plus à supporter l’image que je me renvoie : une fille brisée, attristée, qui ne désire qu’être aimée et soutenue et non jugée sur ses choix et ses actes.

Était-ce trop demandé ? N’étais-je pas mignonne à défaut d’être belle ? N’y avait-il donc aucun mec qui était en mesure de me voir telle que je suis réellement et non pas comme un bout de viande dont il pourrait se repaître ? Étais-je à jamais condamnée à n’être perçue que par mon physique ? Les beautés intérieures et extérieures ne pouvaient-elles pas être réunies ? Pour certains, ce n’est pas possible, la naissance ne nous en offrant qu’une, on ne pourrait donc n’être qu’une belle physique personne par son âme ou n’en être qu’une par l’apparence.

Si on y réfléchit deux minutes, la beauté extérieure se flétrira toujours avec les années, même si de nos jours, nous sommes capables de repousser le vieillissement de la peau grâce à la science. Malgré tout, je crois qu’il est déjà plus dur de faire faner la beauté intérieure, après tout ne dit-on pas « chasser le naturel, il revient au galop » ? Notre nature, ce qui fait de nous qui nous sommes, ne peut pas se gommer entièrement. Nous avons la possibilité de tromper les autres en portant des masques, mais ils se fissurent toujours au bout d’un moment, notre essence-même reprenant le dessus. J’aimerais croire qu’un être humain est en mesure de posséder ces deux beautés, mais j’en doute fortement. De même, bien que l’école nous apprenne certains fondements comme l’égalité, la liberté, la fraternité ou encore la bonté et la bienveillance, il semblerait qu’à l’âge adulte, nombreuses personnes oublient ce qu’on a pu leur inculquer dans leurs enfances.

Je secouais la tête, tout cela ne rimait à rien et mes pensées philosophiques n’allaient certainement pas m’aider à m’aimer. Le râteau que je m’étais pris, m’enfonçait dans la noirceur de ce monde et seul le temps pourrait m’en faire sortir.

©S.

Je vous remercie de l'avoir lu, laissez-moi vos commentaires, je ne mords pas et puis cela me permet de m'améliorer. Si vous souhaitez que j'écrive sur un thème en particuliers, n'hésitez pas, j'aime relever des défis. Bonne semaine à vous et à bientôt.

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